In French Translation: ‘Les Moustaches de Frida Kalo’ and Other Poems

Today — January 14, 2016 — readings will be held around the world in solidarity with Ashraf Fayadh, the Palestinian poet sentenced to death in Saudi Arabia. Poems that can be read at the events, and more details about the readings, can be found here. We remain hopeful that Ashraf’s appeal will be successful:

Les moustaches de Frida Kalo

Ashraf Fayadh, © Traduction Tahar Bekri

Je vais ignorer l’odeur de la boue le reproche à la pluie et le chagrin dans ma poitrine depuis longtemps

Et chercherai une consolation qui convienne à ma situation qui ne permet pas d’expliquer tes lèvres comme je le désirerais …

Ou de secouer les gouttes de rosée sur tes mamelons qui tendent vers la rougeur

Ou d’apaiser la folie qui me gagne chaque fois que je me rends compte que tu n’es pas à mes côtés à cet instant

Tu ne seras pas ainsi…quand je serai contraint de justifier mon silence auquel me condamne la nuit

Fais semblant que la terre est silencieuse comme nous l’apercevons de loin et que tout ce qui s’est passé entre nous n’a pas été plus qu’une lourde plaisanterie qui n’aurait pas dû atteindre ce stade !

Que penses-tu de mes journées que j’ai pris l’habitude de passer sans toi !

De mes mots qui s’évaporaient rapidement

De ma grande douleur

Des nœuds qui se sont installés dans ma poitrine comme des algues séchées.

J’ai oublié de t’informer…que je me suis habitué à ton absence du point de vue pratique …que les espérances ont égaré leur chemin vers tes désirs

Que je pourchasse toujours la lumière, non par désir de vision mais parce que l’obscurité fait toujours peur même si on s’y habitue !

….

Je vais être obligé de ruser avec ma mémoire

Et prétendre que je dors bien

Déchirer tout ce qui reste de questions

Les questions qui cherchent à se justifier pour obtenir des réponses convaincantes

Après que j’ai fait tomber toutes les numérotations habituelles

Par pure raison personnelle

Laisse le miroir t’expliquer combien tu es belle

Enlève mes paroles qui s’entassent comme la poussière

Respire profondément, souviens-toi combien je t’ai aimée, comment cela s’est transformé en un simple toucher électrique

Qui a failli causer un grand incendie…dans un entrepôt vide !

© Traduction Tahar Bekri

Site : www.albawabehnews.com

L’Homme Cancer

Ashraf Fayadh, © Traduction Tahar Bekri

Le soleil est extrêmement poli quand il ouvre sa bouche pour bailler !

Le soleil ne sait comment imposer sa totale autorité sur la terre, totalement comme cela se produit avec l’obscurité, sachant que le soleil n’a pas d’autre choix que de combattre l’obscurité…Bien que Pluton soit capable de rester parmi son groupe atteint de tournoiement.

La lune a un autre point de vue pour imposer son autorité sur la mer

La mer a un pouvoir pour avaler ce qui s’offre à elle comme créatures …en plus de sa part de la surface de la terre…sous le prétexte du réchauffement climatique … sous prétexte du trou dans la couche d’ozone…du droit de la femme à porter le bikini … et de la séduction des oiseaux avec sa richesse poissonneuse.

Le monde ce matin…ressemble à mon estomac atteint de brûlure … ressemble au mal de tête qui passe son week-end dans ma tête … ressemble au tas de verre brisé qui remplit ma mémoire

Le monde n’est plus comme il faut…depuis que je me suis arrêté de m’angoisser à propos du verre… à propos de la réponse à ma lettre que je n’ai pas reçue après dix minutes… à propos de l’échec de Madame Clinton à présider le Parti Démocrate !

Ne me cherche pas….Je serai là à chaque gorgée de café…quand tu te relaxes avec routine pour nettoyer ta peau …quand tu veux rire ou pleurer…te jeter dans les bras de quelqu’un… quand tu es impuissante à combattre l’insomnie que je connais très bien … quand ton portable ne sonne pas lors de tes longues heures de sommeil … quand tu entres dans l’absence de l’écriture … quand tu ne souhaites pas parler … quand tu vois un film sans te soucier de sa qualité artistique …quand tu titilles la terre lors du jogging … quand tu écoutes notre chanson commune sur laquelle nous ne sommes pas encore mis d’accord pour la fixer !

© Traduction Tahar Bekri                                

Site : www.albawabhnews.com

Du mérite du pétrole sur le sang

Ashraf Fayadh, © Traduction Tahar Bekri

p. 24

Sache Que Dieu te protège

Que le pétrole s’est répandu et que son utilisation est notoire

Et le pétrole … comme on dit a des bienfaits pour les humains

p. 26

O vous qui errez

Votre errance est célèbre à travers les pays

Vous avez échoué

Les moyens pour sauver l’âme se sont séparés

Du néant qui se propage entre vos côtes

p. 27

Ton sang muet ne dira pas mot

Tant que tu te vantes de la mort

Et tu affirmes secrètement que tu as confié l’âme à celui qui ne la comprend pas

La perte de l’âme exige un temps qui ne suffira pas

Pour consoler tes yeux effrayés de ce qu’ils ont coulé comme pétrole

p. 30

Tu trembles maintenant

Prends ce qui est possible de ton sang

Afin de remplir le ventre de l’exil

Afin de retenir le pétrole de ceux qui dressent

Leur intention de s’opposer à ton âme

Afin de demander pardon à l’eau du fleuve

Et t’excuser à haute voix à ton sang qui s’infiltre en son sein

p. 31

Avec le pétrole tu résistes

Et tu ouvres ce qui se ferme comme soutiens-gorges

Afin de sucer les cerises et ce qui les avoisine

Profiter de l’humidité entre les cuisses

Et le plaisir béni autour

p. 32

Et quoi après ?

Maintenant que tous les apostats ont accroché la pioche à ton épaule ?

Et qu’il a été dit que tu t’es aventuré avec des sangs qui ne peuvent calmer le désir

Que tu as poursuivi d’imploser les bars avec le mal de la gaieté

Pour boire un verre gratuitement

p. 33

Gracieusement

Des paroles avortées

Un paquet de cigarettes utilisé

Une boite dans laquelle ta mère a jeté ton cri

Pour que la mer te rejette sur le bord d’une peur d’une genre auquel tu n’es pas habitué

Où l’orage t’a engagé à féconder le nuage

Pour enfanter une pluie qui n’essuie pas la honte de la peur du fleuve qui dort dans les bras de la déception

p. 34

Les bulles noires de pétrole

Se promènent parmi tes cellules

Réparent ce que ta nausée

N’a pu t’en libérer

p. 35

Le pétrole n’a de mal ni de dégât

Que l’atmosphère polluée par la pauvreté qu’il laisse

Le jour où noircissent les visages de ceux qui découvriront un autre puits

Où l’on soufflera dans ton cœur…pour que ton âme ressuscite pétrole utilisé pour les affaires publiques

Telle est la promesse du pétrole

La promesse du pétrole est effective

p. 126

Il n’a pas le droit de marcher comme il veut

De vaciller comme il veut de pleurer comme il veut

Il n’a pas le droit d’ouvrir la fenêtre de l’âme

Pour renouveler son air sa poussière ses larmes

Tu oublies toi aussi que tu es  comme un pain

Atta’limât biddâkhil (Instructions de l’intérieur), Ed. Al Farabi, Beyrouth, 2007

©Traduction Tahar BEKRI

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Categories: Palestine, poetry, Saudi

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